Bien entendre après 50 ans

Audition senior

Bien entendre après 50 ans

Quand notre vue baisse, nous allons chez l’ophtalmologiste. Pour nos oreilles, c’est différent… Dommage ! Car compenser une perte auditive est la seule façon de conserver une audition correcte et une vie sociable agréable.

> OuvrirLes signes qui doivent vous alerter

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

 

Mal comprendre une conversation surtout dans une ambiance bruyante, lorsque l’on est loin de son interlocuteur, ou dans des locaux vastes et peu meublés, monter le son de la télé, moins bien entendre dans le noir, ne pas saisir les noms propres au téléphone… Autant de petits signes qui doivent vous alerter et vous inciter à consulter.

 

Les causes du problème

 

Le vieillissement, les agressions diverses comme le bruit ou certains médicaments endommagent les cellules sensorielles de l’oreille et contribuent à rendre notre audition moins performante avec l’âge.

> OuvrirL'audiométrie : testez votre audition

Cet examen se pratique chez l’ORL.

 

Assis dans une cabine vitrée, un casque sur les oreilles, vous écoutez des sons, aigus ou graves, de moins en moins intenses. Même exercice avec un vibrateur appliqué sur l’os situé derrière le pavillon de l’oreille pour mesurer les seuils auditifs lorsque ces sons parviennent à l’oreille interne par stimulation osseuse directe. L’ORL vous fait aussi écouter des mots à intensité variable.

 

Un bilan de votre perte d’audition

 

A l’issue de ce test, vous connaissez votre niveau de déficience auditive : 

  • entre 20 et 40 dB (conversation chuchotée) : la perte est légère.

  • entre 40 et 70 dB (conversation normale) : la perte est modérée.

  • entre 70 et 90 dB (voix criée) : la perte est sévère - plus de 90 dB. C’est une déficience profonde.

 

> OuvrirDe quoi souffrez-vous ?

Presbyacousie : quand nos oreilles vieillissent

 

C’est la cause la plus fréquente de surdité après 50 ans. La principale raison en est le vieillissement du système auditif et la dégénérescence des cellules sensorielles de l’oreille interne.

 

D’autres facteurs interviennent comme l’exposition à des niveaux sonores élevés tout au long de sa vie, l’utilisation de certains médicaments, des otites à répétition dans l’enfance, mais aussi l’hérédité. La presbyacousie s’installe insidieusement.

 

Au début ce sont les sons aigus qui sont moins audibles mais on ne s’en aperçoit pas forcément. Elle touche les deux oreilles de façon symétrique. Une fois sur trois, la presbyacousie s’accompagne d’acouphènes et parfois de vertiges. Dès que la perte atteint 30 dB, les audioprothèses apportent une aide efficace.

> OuvrirHyperacousie : l'hypersensibilité auditive

Parfois, les sons trop forts deviennent insupportables : l’hyperacousie est souvent présente dans les troubles de l’audition modérés et accompagne parfois les acouphènes. Lorsqu’elle est très importante, elle rend insupportable certains bruits de la vie quotidienne comme la sonnerie du téléphone ou la musique à un volume raisonnable. Une prise en charge psychologique peut l’améliorer considérablement. Paradoxalement, l’hyperacousie accompagne parfois la presbyacousie.

 

Acouphènes : des bruits internes en permanence

 

Bourdonnements, sifflements, grésillements, ces bruits désagréables paraissent le plus souvent provenir de l’intérieur de l’oreille dans un environnement silencieux.

 

Deux millions et demi de Français en souffrent régulièrement. Pour le quart d’entre eux, ces bruits parasites constituent une véritable gêne et altèrent leur qualité de vie en provoquant fatigue, insomnie, irritabilité.

 

(Pour plus d’informations, consultez notre article sur les acouphènes).

> OuvrirConseils pour mieux entendre

Stop au bruit !

 

Les niveaux sonores supérieurs à 80 dB sont nocifs pour notre oreille, en fonction de la durée d’écoute. Sachons mettre en garde les plus jeunes et nous en préserver. Pour cela, il suffit de réguler le niveau sonore à un niveau moyen acceptable grâce à une aide auditive et fuir les lieux trop bruyants ou ceux qui présentent de l’écho.

Mieux vaut également se placer face au champ sonore que l’on souhaite écouter et s’habituer à lire sur les lèvres des personnes qui nous parlent.

 

Le bruit, c’est aussi la vie

 

Attention, toutefois, de ne pas faire du bruit une obsession : nos oreilles sont faites pour entendre et tout à fait apte à le supporter dans la mesure du raisonnable ! En fait, le bon sens est le meilleur guide…

> OuvrirNos yeux au secours de nos oreilles

Pour mieux comprendre nos interlocuteurs, nos yeux peuvent nous aider. Pour des surdités sévères, l’orthophoniste peut vous apprendre à lire sur les lèvres afin de compléter le port d’une aide auditive. Cette technique permet aussi d’améliorer la compréhension lorsque le port d’une prothèse est impossible.

 

Restez à l’écoute

 

Moins nous utilisons notre oreille, plus elle s’use… Attention de ne pas nous éloigner des bruits lorsque les premières difficultés auditives apparaissent. Au contraire, c’est le moment de réagir : les connexions oreille-cerveau insuffisamment sollicitées se dégradent.

Mieux vaut se prendre en charge à 60 ans avec une perte légère de 30 dB plutôt qu’attendre 70 ans avec une perte plus importante. L’appareillage deviendra alors plus important, mais il sera plus difficile de s’y adapter. Le cerveau aura perdu l’habitude des stimulations sonores.

 

Article signé Victoria Kaiser
Crédits photos: Voisin/Phanie

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