
45 % des plus de 60 ans ont des problèmes auditifs mais seulement une personne sur dix est appareillée : zoom sur ces aides auditives qui nous aident à rester dans le coup.
Comme la vue, l’audition a tendance à perdre en sensibilité au fil des ans. Cette baisse d’acuité - la presbyacousie - évolue très lentement. C’est pourquoi on y pense souvent que tardivement. Pourtant, il est essentiel de consulter dès les premiers signes car plus on attend, moins on récupère une bonne ouïe.
(Voir notre dossier Bien entendre après 50 ans)
Aborder le sujet avec votre médecin traitant. S’il le juge nécessaire, il vous orientera vers un ORL. Ce dernier vous préconisera une aide auditive si votre perte d’audition est supérieure à 40 décibels.
Il existe deux gammes d’aides auditives : les analogiques et les numériques. Les analogiques amplifient le son de manière continue quelle que soit l’ambiance sonore. Les appareils numériques, eux, sont dotés de microprocesseurs capables d’analyser les sons captés, de les sélectionner et d’amplifier les plus utiles tout en atténuant les bruits parasites.
Avant de faire son choix, il est essentiel de vérifier que l’appareil s’adapte au style de vie, au niveau de perte auditive, à l’importance accordée à l’esthétique et aussi au budget de chacun. Par exemple, les personnes qui ont du mal à manipuler les petits objets opteront pour un modèle rechargeable plutôt qu’à pile.
Ils se glissent dans le conduit auditif et ne laissent apparaître qu’un mince fil de nylon translucide pour pouvoir l’ôter. Conçus pour toutes les pertes auditives.
Points forts : ils sont très discrets.
Points faibles : ils ne conviennent pas aux conduits auditifs trop étroits ni aux personnes sécrétant beaucoup de cérumen. En outre, ils exigent une certaine dextérité ainsi qu’une bonne acuité visuelle pour changer et nettoyer les piles de la taille d’un petit bouton de chemise.
Placés derrière le pavillon de l’oreille, ils sont reliés à un embout transparent posé dans le conduit. Il en existe de plusieurs tailles et de différentes couleurs.
Points forts : faciles à manipuler et à entretenir, ils s’adaptent à toutes les baisses d’audition, ces appareils sont recommandés aux personnes qui transpirent beaucoup et à celles qui produisent beaucoup de cérumen.
Points faibles : c’est l’appareil le moins discret.
Ils ressemblent à des contours d’oreille dotés d’un embout ouvert à ailette qui ne bouche pas le conduit auditif.
Points forts : tout petits, ils se nichent derrière l’oreille et se font oublier. Ils corrigent toutes les pertes.
Points faibles : ils peuvent être difficiles à manier en raison de leur petite taille.
Trouver le bon appareil peut prendre un peu de temps. Votre audioprothésiste va vous interroger sur vos habitudes et vos activités : est-ce que vous fréquentez les lieux bruyants ? Est-ce que vous utilisez beaucoup le téléphone ?
Au début, certains bruits peuvent également être ressentis de manière désagréable et il faut attendre quelques séances pour trouver le bon réglage.
Surtout, ne craignez pas de déranger ou de passer pour un client difficile : il faut revenir autant de fois que nécessaire pour affiner les réglages en fonction des conditions réelles.
Après les derniers ajustements, les entretiens suivants, au 3ème , 6ème et 12ème mois après la délivrance de l’appareil, permettent de vérifier l’ensemble des paramètres.
Ensuite, ce sera un rendez-vous par an, ou plus, si besoin, pour contrôler l’audition, le bon état de l’aide auditive et l’ensemble des réglages.
Tous ces rendez-vous sont compris dans le prix de l’appareillage.
Avant de vous engager avec un audioprothésiste, mieux vaut en consulter plusieurs, demander des devis (obligatoires) et comparer les prestations.
Ce professionnel est tenu d’assurer le service après-vente de l’appareil, de conseiller sur son utilisation et d’en effectuer l’entretien. Il doit être disponible et à l’écoute. Méfiance s’il rédige votre devis sans tests préalables ou s’il vous promet que vous entendrez ensuite comme à 20 ans !
Le prix élevé des aides auditives est le premier obstacle à l’appareillage. Rien de surprenant : en moyenne, il faut compter de 900 à 2 200 € par oreille. L’option Bluetooth augmente l’addition de 150 à 300 € selon les modèles.
L’aide auditive est prise en charge par l’Assurance Maladie à 65 %, sur la base d’un tarif forfaitaire unique de 199,71 €, soit un remboursement de 129,80 € l’unité. Un forfait annuel sur la base de 36,59 € est également accordé pour l’achat des piles et des produits d’entretien.
Lorsque les revenus ne permettent pas cet investissement, on peut bénéficier d’une prestation de compensation du handicap. L’audioprothésiste est une aide précieuse pour connaître ses droits.
Article signé Ingrid HaberfeldCrédits photos: Chassenet/BSIP