
Il n’est pas toujours facile de déceler les troubles d’audition des touts-petits. Et pourtant, s’ils sont vite diagnostiqués, il sera plus facile d’en atténuer les conséquences.
Même s’ils ne sont pas extrêmement répandus, les troubles de l’audition concernent tout de même 1 à 3 bébés sur 1000 à la naissance. Malheureusement, ils passent souvent inaperçus. Dommage, alors que l’on sait qu’un appareillage précoce donne toutes les chances à un enfant de parler et d’avoir un langage proche de la normale…
Parfois aussi, les soucis auditifs surviennent un peu plus tard : durant l’enfance à cause d’otites à répétition mal soignées ou même pendant l’adolescence du fait de la musique écoutée beaucoup trop fort ! Mais en restant attentifs aux oreilles de votre bambin, vous pourrez éviter tous ces désagréments.
D’où viennent la surdité et les déficits auditifs chez un nourrisson ? Dans 80% des cas, la cause est génétique. Pour les 20% restants, les explications sont à chercher du côté d’incidents survenus pendant la vie utérine. La maman a pu être infectée durant sa grossesse par le virus de la rubéole ou le cytomégalovirus (virus de la même famille que l’herpès) et le transmettre à son bébé : ces infections virales peuvent être à l’origine de lésions irréversibles chez le fœtus. En cas d’accouchement difficile, si le cerveau du nouveau-né est resté trop longtemps sans être oxygéné, cela peut aussi entraîner des dommages auditifs.
Certains signes doivent vous pousser à demander conseil à votre médecin. Lesquels ?
Si, par exemple, votre nourrisson ne réagit pas aux bruits forts et au contraire, semble très sensible aux vibrations, au toucher. Ou encore s’il émet des sons peu mélodiques à partir de 3 mois ou ne babille pas. L’absence de réaction à l’appel de son nom après 6-9 mois est aussi un indice. S’il ne prononce aucun mot entre 1 et 2 ans, ne fait qu’émettre des petits cris incontrôlés et se fait comprendre exclusivement par gestes, inquiétez-vous.
Enfin, s’il avait commencé à parler correctement et se met à régresser, un trouble auditif est peut-être survenu entre temps.
Dans le cadre des bilans médicaux obligatoires prévus dans le carnet de santé – examen de naissance, du 4ème mois, du 9ème mois et des 2 ans – le médecin s’intéresse bien sûr à l’audition de votre tout-petit. Grâce à des jouets sonores qu’il agite à différentes distances de ses oreilles, il peut évaluer la finesse de son audition et éventuellement repérer un problème. Egalement au programme : inspection de l’oreille, du conduit auditif et du tympan.
S’il estime que c’est nécessaire, il vous enverra chez un spécialiste : il existe toute une série d’examens très poussés qu’un ORL peut pratiquer chez un tout-petit et qui ne nécessitent pas sa participation.
Essentielle ! Parfois, un enfant souffre d’un déficit auditif à cause d’un simple bouchon de cérumen dans son conduit auditif ! Cela ne veut pas dire que vous ne lui avez pas lavé les oreilles… mais sans doute en omettant les bons gestes.
Evitez ainsi d’utiliser des cotons-tiges : vous ne faites qu’enfoncer la cire plus profondément et la « compacter », ce qui peut entraîner l’apparition du fameux bouchon. En fait, les oreilles sont « auto-nettoyantes » : les poils situés dans le conduit auditif repoussent naturellement la cire vers l’extérieur. Il suffit donc d’essuyer la partie externe du pavillon avec un petit morceau de coton roulé en boule.
Les otites à répétition sont ennuyeuses, particulièrement si elles sont séreuses : une petite quantité de liquide séreux stagne derrière le tympan et gêne sa mobilité. Résultat, l’audition est altérée et votre enfant peut perdre jusqu’à 30 décibels de ses capacités auditives. A titre d’exemple, c’est un peu comme s’il entendait un camion passant près de lui à peine plus fort qu’un lave-vaisselle ! Malheureusement, cette forme d’otite passe souvent inaperçue car à la différence de l’otite aiguë, elle ne s’accompagne pas toujours de fièvre et de douleur. Donc, si votre enfant écoute la télé de plus en plus fort ou vous fait répéter chaque phrase trois fois, pensez à cette hypothèse !
Petit conseil : la meilleure façon de prévenir les otites est de lui apprendre à bien se moucher le plus tôt possible… et en attendant, d’utiliser le mouche-bébé.
Rien de pire que la musique écoutée à plein volume dans le baladeur MP3, lors d’un concert ou en boîte de nuit ! Ces mauvaises habitudes peuvent occasionner des pertes auditives définitives. En effet, les cellules ciliées de l’oreille interne sont très sensibles à la surcharge : si on les sature trop longtemps – et elles commencent à l’être à partir de 75 décibels, à peine plus qu’une rue bruyante !- elles se détruisent pour toujours.
Or, en fonction de leur position, ces petites cellules répondent à telle ou telle fréquence : si tout un groupe de cellules ciliées est endommagé à un endroit précis, c’est une fréquence que votre ado n’entendra plus jamais. Avant d’en arriver là, alertez-le quand il pousse trop le volume de son lecteur MP3 ! Un indice qui peut vous servir de repère : vous entendez ce qu’il écoute dans son casque alors que vous êtes à plusieurs mètres de lui.
Article signé Isabelle GravillonCrédits photos: Burger/Phanie