
Si les génériques sont entrés dans les mœurs, ils soulèvent encore de nombreuses questions : sont-ils identiques, aussi sûrs, systématiquement moins chers que les médicaments "traditionnels" ?
Un médicament générique est la réplique d’un médicament de référence dont le brevet est tombé dans le domaine public. Il doit avoir la même composition (principe actif), le même dosage, la même voie d’administration (par la bouche, en injection…) et son devenir dans l’organisme doit être identique (bioéquivalence). Il lui faut en fournir la preuve pour obtenir son autorisation de mise sur le marché.
Pour l’essentiel, le principe actif, oui. Les composants autres que la substance active, les excipients, qui donnent leur aspect et leur goût au médicament ne sont pas nécessairement identiques. Certains de ces excipients, dits "à effet notoire", peuvent poser problème dans certains cas : le saccharose aux diabétiques, le sodium aux hypertendus, l’arachide aux allergiques, par exemple.
Ces excipients à effet notoire ne sont pas propres aux génériques. Quel que soit le médicament, ils doivent être mentionnés sur l’emballage ou dans la notice. Si votre médecin ou votre pharmacien change votre médicament habituel pour un générique ou un générique pour un autre, il doit s’assurer que cette substitution est compatible avec vos antécédents. Vous aussi, soyez vigilant.
L’autorisation de mise sur le marché, accordée au médicament générique garantit son efficacité et sa sécurité. En outre, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé effectue des contrôles réguliers. Dans le doute, le médecin peut s’opposer à la substitution en indiquant sur l’ordonnance "non substituable" lorsqu’il juge que tel médicament vous convient et non un autre.
Mais, qu’il soit générique ou pas, un médicament n’est jamais anodin et peut parfois provoquer des effets indésirables.
En moyenne, les génériques sont 40 % moins chers. Il arrive que le prix du médicament de marque s’aligne sur celui du générique. C’est le cas lorsque l’Assurance maladie rembourse les assurés sur la base du prix du générique au tarif forfaitaire de responsabilité, valable pour plus de 800 médicaments. Le médicament de marque baisse alors son prix pour conserver le marché.
Concernant les médicaments non remboursés, les prix étant libres et variables d’une pharmacie à l’autre, il peut arriver que le médicament de marque soit moins cher. Mais l’écart de prix est lié au pharmacien et non au fabricant.
Lorsqu’il existe des génériques d’un médicament, le médecin est tenu d’inscrire le nom de la substance active sur l’ordonnance, sa dénomination commune. S’il ne le fait pas, le pharmacien peut vous proposer un médicament générique à la place du vôtre, c’est le droit de substitution du pharmacien.
Si jamais vous le refusez, vous pourriez être moins bien remboursé : pour plus de 800 médicaments, l’Assurance maladie rembourse le médicament sur la base du prix du générique au tarif forfaitaire de responsabilité.
Article signé Catherine ViotCrédits photos : Garo/Phanie