
Pas toujours facile d’aborder certains sujets délicats lors d’une consultation. On n’ose pas, on n’y pense pas au bon moment. Dommage ! Le médecin de famille est justement là pour nous écouter et nous aider.
Il va croire que je suis radin(e) ou fauché(e).
En ces temps de responsabilisation des patients et des médecins sur les dépenses de santé, s’inquiéter du montant d’un examen complémentaire, du remboursement ou non d’une prestation ou d’un produit, au-delà du tarif de la Sécurité sociale, est plutôt bienvenu.
Cela évite de renoncer à un examen ou à un traitement qui préserve la santé. Le médecin connaît généralement les tarifs des centres de radiographie voisins, des traitements et examens complémentaires. Il n’attend que votre question pour vous renseigner.
Après avoir annoncé mon exploit à la terre entière, y compris à mon médecin, j’ai repris la cigarette et je ne me vante guère d’avoir repiqué…
Supprimer le tabac, c’est bon pour le cœur, le souffle et la santé en général. La rechute — dans les jours, semaines ou même les mois qui suivent une tentative d’arrêt — est un événement normal, formateur, puisque, de l’analyse de ses échecs, on sort mieux armé.
Pour se donner plus de chances de réussir au prochain essai, mettez-vous en condition : étudiez vos habitudes, la façon dont vous fumez, identifiez les situations à risque, choisissez la période la plus propice, notez toutes vos bonnes raisons d’arrêter. Cette phase de préparation mûrit au fur et à mesure des expériences successives, les premières tentatives de sevrage étant très souvent, selon les spécialistes, des "coups de tête".
C’est d’être correctement épaulé par votre médecin et un traitement adéquat. Mieux vaut la prise d’un substitut nicotinique, en continu, à celle, de cigarettes et de leurs 4 000 composés toxiques. Cette méthode offre un meilleur gage de réussite… sans être plus irritable, plus pénible pour l’entourage et sans vous faire prendre du poids.
Le médecin n’appréciera sûrement pas, ça va le mettre mal à l’aise ! ou : ça ne regarde que moi !
Les médecins hostiles affichent en principe leurs convictions. Pour les autres, leur signaler que vous avez résolu le problème de votre insomnie par des plantes ou que l’acupuncture vous a débarrassé de cette rhinite persistante ne pourra que les réjouir. En effet, ce sont des maladies, chroniques, "un caillou dans leur chaussure", pour lesquelles toutes les solutions, a fortiori si elles sont dénuées d’effets indésirables, sont bonnes à prendre.
C’est de pouvoir être soigné dans un climat de confiance.
Son médecin, à qui l’on doit pouvoir tout dire — respect mutuel oblige — continue à acquérir des connaissances tous les jours. Certains, d’ailleurs, utilisent en parallèle l’acupuncture ou l’aromathérapie. Inutile de le laisser prescrire un traitement qu’on ne prendra pas !
Les analyses disent que j’en ai besoin mais je ne sens pas la différence et prendre un traitement me donne vraiment l’impression d’être malade.
Impossible de juger de l’efficacité si on ne prend pas son traitement à la bonne dose, au bon moment. Ainsi, inutile de couper la poire en deux, de ne prendre qu’un au lieu de deux : il sera plus sûrement inefficace ! Cette fantaisie peut être dangereuse s’il s’agit d’un traitement contre la tension, par exemple.
Éviter l’aggravation de la maladie silencieuse. On peut dire sa lassitude de prendre jour après jour un médicament dont on ne voit pas bien l’effet immédiat. Au médecin de consolider la motivation avec des arguments de poids, sans catastrophisme, mais tout de même…
Personne ne veut tenter le diable et risquer, par exemple, un accident vasculaire cérébral !
Je m’étais engagé(e) à le confier à une autre famille de confiance au cours de la dernière consultation mais je n’y arrive pas, j’y suis bien trop attaché(e).
Comme pour toutes les allergies, la réaction est liée au contact avec l’allergène. La meilleure façon d’éviter une crise, c’est donc de limiter ce contact. Dans le cas du chat, c’est la salive sur ses poils qui pose problème, en tête des allergènes possibles à la maison (avec les acariens) et les pollens à l’extérieur.
Permettre la mise en place des stratégies réalistes et comprendre que si les crises subsistent ce n’est pas parce que le traitement ne marche pas. Si vous ne pouvez pas vous passer de votre animal de compagnie, acceptez-le dans le salon, interdisez-lui votre chambre et investissez dans un purificateur d’air avec filtre HEPA.
C’est la fin de ma vie sexuelle et le début des ennuis, avec des examens désagréables et une intervention de la prostate, peut-être mutilante.
Chez l’homme, se lever plusieurs fois la nuit est le signe que la prostate grossit. C’est dans une certaine mesure normal avec l’âge. Le tout étant que cela ne perturbe pas le sommeil, autrement dit que chacun se rendorme aussitôt ! À trois mictions nocturnes, il est temps de consulter.
Découvrir qu’il existe des médicaments améliorant les symptômes, la chirurgie n’est indiquée qu’en cas de résultat insuffisant. La consultation sera l’occasion de vérifier, par une prise de sang et un toucher rectal (irremplaçable) qu’il ne s’agit pas d’un cancer débutant. Ces deux maladies, cancer et hypertrophie bénigne de la prostate sont assez fréquentes pour que l’on puisse souffrir des deux à la fois.
J’ai honte de parler de mes selles et puis le problème se résout toujours, ce n’est qu’un mauvais moment à passer.
Lorsque l’expulsion est difficile, à moins de trois selles par semaine ou à plus si l’on se sent mal à l’aise, c’est que l’intestin ne fonctionne pas harmonieusement.
Le transit est facilité par une alimentation riche en fibres que l’on trouve dans le son, le soja et les flageolets, les figues… Pour atteindre plus sûrement la dose requise, il existe des solutions prêtes à l’emploi en pharmacie.
Cette rééducation alimentaire porte ses fruits après six semaines de bons et loyaux efforts. Ne comptez pas trop, en revanche, sur l’exercice pour activer la circulation des selles ni sur l’eau (utile toutefois pour le rein).
Le médecin peut repérer sur votre ordonnance un médicament constipant, débusquer une maladie perturbatrice de circulation des selles… bref, trouver l’explication de cette constipation et surtout les solutions adaptées. Au passage, il vérifiera qu’il ne s’agit pas du premier signe d’un polype, voire d’un cancer.
Le dépistage organisé du cancer du côlon sera opérationnel partout en France en 2008, tous les deux ans pour les personnes de 50 à 74 ans.
Le temps passe si vite ! Ou : de toute façon, je ne prends pas d’hormones. Ou bien : il n’y a pas de cancer dans la famille. Ou encore : je préfère ne pas y penser.
Pour le cancer du sein, on peut s’auto palper sous la douche, à condition de connaître la consistance de ses seins. C’est moins efficace qu’une mammographie qui peut débusquer une boule environ un an avant qu’elle ne soit palpable. Dans le cas du cancer du col de l’utérus, seul le frottis permet de repérer la présence d’une lésion suspecte.
Plus un cancer est pris tôt, moins son traitement est lourd et plus il est efficace. Une tumeur du sein soignée précocement guérit neuf fois sur dix, une lésion précancéreuse de l’utérus, dans la quasi-totalité des cas. Pour ne pas négliger ces dépistages à chacune sa technique : l’inscrire en rouge dès que l’on change d’agenda, choisir sa date anniversaire, rappeler à son médecin s’il n’y a pas pensé le premier.
Les "échéances" : au minimum tous les trois ans pour le frottis jusqu’à 65 ans et au cas par cas ensuite ; tous les deux ans minimum pour la mammographie de 50 à 74 ans.
Je mets des protections et ne veux plus y penser. Les mots "pipi" ou "incontinence" sont tabous.
Si quelques gouttes s’échappent, c’est que la pression exercée sur la vessie lors de l’éternuement est trop forte. La vessie peut aussi se contracter de façon inopinée par exemple dès que vous plongez les mains dans l’eau. Pour limiter le risque, se priver de boire ne sert à rien et la rééducation maison consistant à bloquer brusquement le jet lorsqu’on urine peut faire plus de dégâts que de bien.
Il existe des solutions d’autant plus efficaces que l’anomalie a été correctement identifiée. Pour les incontinences dites d’effort, lorsque l’on tousse ou que l’on saute, ce peut être une rééducation du périnée qui est préconisée pour entretenir le muscle. Si cela ne suffit pas, le chirurgien peut placer une bandelette qui amarre l’urètre et facilite le travail du sphincter.
Pour les incontinences par impériosité (besoin urgent), la rééducation peut être associée à des médicaments, qui règlent une bonne partie de ces fuites.
Je dois assumer mes difficultés et ne souhaite enquiquiner personne avec mes états d’âme.
Un coup de cafard est éphémère et sans gravité. Sans doute est-ce une simple fatigue ou un épisode dépressif et transitoire lié à un échec ou à un chagrin. Mais, si cette humeur triste dure plus de deux semaines, si elle empêche de faire face aux tâches quotidiennes ou de profiter des bons moments de la vie, c’est peut-être plus sérieux.
Remettre les choses à leur juste place et y voir plus clair soi-même. Cette baisse d’énergie qui vous paralyse est peut être une dépression. Elle sera soulagée par des médicaments associés à une psychothérapie de soutien qui donne du sens à ce qui s’est passé et limite le risque de récidive.
Je n’ai aucune envie de savoir que mon symptôme pourrait révéler une maladie d’Alzheimer.
Dans la majorité des cas, les oublis ne sont pas dus à une maladie mais à un défaut d’attention au moment de l’enregistrement de l’information. Cela arrive quand on est préoccupé ou que les outils qui servent à enregistrer une information (la vue, l’ouïe, etc.) sont moins performants.
C’est un phénomène banal et sans gravité s’il s’agit de noms peu utilisés ou si l’oubli est occasionnel.
Vérifier si le problème est médical ou non. Par ailleurs, certaines maladies modifient la capacité d’attention, comme les troubles du sommeil ou la dépression… Des brouilleurs d’attention à identifier pour mieux les maîtriser, voire les supprimer.
La consultation est également conseillée si l’on oublie des noms souvent employés, si l’on ne sait plus s’orienter sur un trajet pourtant familier ou si dans une même conversation, on repose sans cesse la même question.
Article signé Dr Brigitte BlondCrédits photos: Ian Hooton/SPL/Phanie