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Les coûts de l'absentéisme

Fiche rédigée en collaboration avec D Monneuse, Enseignant-chercheur en sociologie, spécialiste de la santé au travail et auteur de nombreux ouvrages sur l'absentéisme.

Charge importante pour l'entreprise, l'absentéisme génère des coûts directs, mais également des coûts indirects pour l'entreprise. Ces derniers peuvent représenter jusqu'à 4 fois le montant des coûts directs.

Les chiffres

  • Les dépenses d’indemnités journalières versées par l’Assurance maladie aux salariés sont d’environ 10,5 milliards d’euros, soit près de 7 % des dépenses de santé en France. Ce sont les indemnités pour AT et MP qui augmentent le plus ces dernières années.
  • Les arrêts de plus de 6 mois représentent 5 % du nombre d’arrêts et totalisent 40 % des dépenses d’indemnités journalières.
  • Les AT et MP représenteraient en 2010 une charge de 2 à 3 % du PIB d’après la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail.
  • Le coût direct pour les entreprises du secteur privé en 2013 serait de 8,8 milliards d’euros, contre 7 milliards en 2012.

Une évaluation difficile

Évaluer le coût des arrêts de travail est un exercice difficile car ce coût dépend de nombreux facteurs : le niveau de rémunération du personnel, le mode de rémunération (salaire fixe, variables, avantages en nature…), la politique RH (délai de carence pris ou non en charge), la politique de remplacement des absents (remplacement systématique, sur certains postes, à partir d’une certaine durée d’absence…), le mode de remplacement (recours aux heures supplémentaires, CDD, intérim, prestataires externes…), etc.

L’absentéisme est réputé coûter cher aux entreprises mais rares sont celles qui cherchent pourtant à calculer ce surcoût de masse salariale. 80 % des DRH reconnaissent ne pas avoir de vision précise de ce que représente le coût de l’absentéisme dans leur organisation.

Les coûts directs pour les entreprises

Les coûts directs sont les moins difficiles à calculer. Ils comprennent :

  • Les coûts salariaux : délai de carence, maintien du salaire pendant l’absence, complément par rapport aux indemnités journalières de Sécurité Sociale, pris en charge par l'employeur ou le régime de prévoyance.
  • Les coûts directs dépendent de la durée des arrêts et de la politique de maintien du salaire de l’entreprise (exemple : délai de carence pour les salariés qui ont une durée d’ancienneté de moins d’un an).

Les coûts indirects pour les entreprises

Les coûts indirects sont nombreux et généralement sous-estimés. Ils représenteraient entre deux et quatre fois les coûts directs.

Ils dépendent notamment de la politique de remplacement : le coût est moins élevé quand les absents sont peu remplacés.

Ils dépendent également de l’interdépendance des tâches au sein de l’entreprise : une absence au sein d’une chaîne de production travaillant en flux tendus n’a pas les mêmes répercussions qu’une absence dans un service administratif.

Il est de coutume de dire qu’au total (coûts directs + coûts indirects) un point d’absentéisme coûte un point de masse salariale, sans que cette équation soit démontrée scientifiquement.

Les principaux coûts indirects sont les suivants :

  • Les coûts de remplacement : heures supplémentaires, remplacement des absents, formation du remplaçant, coût d’intégration du remplaçant en phase d’acquisition d’expérience, sureffectif naturel pour faire face à l’absentéisme.
  • Les coûts de gestion : gestion administrative de l’absence, gestion du remplacement.
  • Les coûts de protection sociale : couverture complémentaire prévoyance.
  • Les coûts liés aux dysfonctionnements organisationnels : interruption de l’activité, baisse qualitative et quantitative de production.
  • Les coûts d’image : insatisfactions des clients suite à perte de qualité, retard dans les livraisons, etc.
  • Les coûts sociaux : détérioration du climat social, augmentation de la charge de travail pour les salariés présents, risque accru d’accidents, etc.

Les coûts pour l’Assurance maladie

Ce sont les arrêts de longue durée qui coûtent le plus à l’Assurance maladie. D’après la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie, les arrêts de moins d’un mois représentent 77 % des arrêts mais seulement 20 % des indemnisations journalières versées par la Sécurité sociale.

En revanche, les arrêts de plus de 6 mois représentent 5 % des arrêts mais 40 % des dépenses d’IJ de la Sécurité sociale.

Sources : Cnamts, données 2011, Cnamts, données 2012.

Pour aller plus loin

  • Malakoff Médéric vous propose un outil "Calculateur de coût de l'absentéisme" qui permet d'estimer les coûts de l'absentéisme maladie d'une entreprise avec simplicité.
  • Alma consulting, Baromètre de l’absentéisme, 2013. En 2011, ils étaient 71 % dans ce cas.
  • Alma consulting, Baromètre de l’absentéisme, 2013.
  • Alma consulting, Baromètre de l’absentéisme, 2014.
  • Royal Australasian College of Physicians. "Workplace attendance and absenteeism", The Australasian Faculty of Occupational Medicine, 1999
  • H.W. Heinrich, Industrial accident prevention: a scientific approach, McGraw-Hill, 1931.
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